vendredi 27 janvier 2012

La fête de Noël





J’ai rencontré fin novembre une Française qui est volontaire dans un centre social à Rezekne, qui est seulement à 1h30 de Daugavpils. Nous avions alors décidé d’essayer de mettre en place des évènements pour promouvoir la Francophonie, et surtout passer des moments agréables avec mes étudiants et ses jeunes (après tout, apprendre le français ne devrait pas être seulement réduit aux cours et au travail !). Ainsi, Morgane et moi avons organisé une fête de Noël, le mardi 20 décembre, à l’Université de Daugavpils. Nous avions préparé des jeux, des quizz, des présentations sur les traditions de Noël françaises, des chansons, etc. Le tout bien sûr accompagné de quoi grignoter et se réchauffer ! Morgane est venue accompagnée de 15 jeunes de son centre, et une vingtaine de mes étudiants ont répondu présents à l’appel. Nous avons tous passé un agréable moment tous ensemble, pour célébrer le français et les vacances ! Mes étudiants de 1ere année m’avaient même préparé deux chansons, et m’ont offert des chocolats, et des craies de couleur ! (Ils savent que j’en raffole pour mes cours). Bref, cet évènement a redynamisé le groupe et moi aussi ! Il est important de savoir sortir du contexte des cours, et de montrer que le français n’est pas seulement des connaissances à apprendre mais surtout une culture à partager et à apprécier !

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Rencontre avec le directeur de mémoire et problématique

J’ai rencontré mon directeur de recherche sur Aix et ai donc pu parler avec lui de mon stage, de ma situation, de mon ressenti, et de ma problématique de recherche-action.

Ce stage est censé nous aider à acquérir une approche réflexive sur nos pratiques enseignantes. Mais j’avoue avoir eu des difficultés jusqu’à cette rencontre à porter un regard réflexif sur mon expérience. En effet, plongée dans le stage, baignée dans les pratiques quotidiennes, il m’était difficile de prendre du recul et de réellement réfléchir à mes pratiques. Mes sentiments étaient trop proches et m’étouffaient pour porter un réel jugement. N’ayant personne avec qui parler professionnellement de mon expérience (mes camarades ayant des situations tout aussi émotionnelles, nous ne nous aidions pas à être réflexifs, mais plutôt à essayer de tenir émotionnellement), mon tuteur n’étant pas très disponible, je n’avais jamais l’occasion de présenter ma situation plus clairement à quelqu’un, toujours professionnellement. Ma rencontre avec mon directeur a donc été en quelque sorte une bouffée d’air pour moi, j’ai enfin pu poser des mots plus « objectifs » sur mon expérience et mes ressentis. Et c’est en m’écoutant parler que j’ai enfin pu prendre du recul sur tout ça, voir plus clairement dans mes pratiques, et essayer de porter un regard réflexif. La colère, la frustration, la peur, la solitude qui pouvaient m’aveugler avant étaient toujours là, mais j’en prenais compte au lieu de les laisser faire obstacle au reste de mes ressentis. Tout cela peut paraître bien niais, mais c’est ce qui s’est passé pour moi. Je pense donc que les sessions Skype vont donc être très positives pour développer notre attitude réflexive.

Ainsi, après avoir exposé mes pratiques et ma situation, mon directeur de recherche m’a suggéré plusieurs idées de problématiques possibles. J’ai choisi de mettre en place en cours d’analyse linguistique avec mes L2 (qui est souvent un cours de conversation à partir de textes choisis) un débat formalisé, pour travailler l’argumentation. Je pense leur donner plusieurs textes qui exemplifient la présentation de son point de vue, l’organisation de ses arguments, le lexique et les structures nécessaires. Je vais alors demander aux apprenants de préparer leurs arguments pour mettre en place le débat lors de la séance suivante, débat que je vais enregistrer avec un dictaphone. Lors du cours de grammaire suivant, nous allons réécouter les enregistrements, et les apprenants vont déductivement présenter les différents points linguistiques et pragmatiques de l’argumentation. Nous allons désigner les points positifs et les points négatifs de l’enregistrement, et définir comment améliorer l’argumentation de chacun. Un nouveau débat sera mis en place lors d’une nouvelle séance du cours d’analyse linguistique. Ce débat sera à nouveau enregistré.

Ainsi, les apprenants vont déductivement apprendre à partir de leur travail. De plus, je vais utiliser tous ces enregistrements et ces travaux pour étudier l’organisation déductive des apprenants, mais aussi étudier leurs prises de parole, les interactions entre apprenants et la place de l’enseignant dans la séance. Les différents enregistrements vont également permettre une comparaison, et donc peut être une conclusion sur la progression dans l’apprentissage.

Je dois à présent m'atteler à la présentation de ma problématique qu'il faut rendre sous peu sur Moodle. Je dois la préciser, la détailler, me créer un calendrier, trouver des auteurs pour étayer ma recherche, et puis construire une réelle réflexion à partir des questions posées.
Pas mal de boulot en perspective!!!

Retour en Lettonie

Me voici de retour en Lettonie! (enfin, ça fait déjà 2 semaines...) La session d'examens vient de se finir, et j'ai maintenant une semaine de pause pour préparer mon 2e semestre et accessoiremement m'atteler à ma problématique et au mémoire.
J'ai donc donné mes 9 examens, donc 2 oraux. J'avoue que ça a été un retour assez brutal à la réalité, surtout avec mes L3, qui n'ont clairement fait aucun effort, ne prenant pas la peine de répondre entièrement aux questions, ni à toutes les questions d'ailleurs... C'est d'autant plus frustrant que j'avais essayé de trouver des textes motivants et d'actualité.
Les oraux de mes L1 m'ont au contraire agréablement surprise. Eux qui ne veulent pas piper mot en cours de communication, ce sont plutôt bien débrouillés à l'examen (je devrais peut être être plus sévère en cours, puisque apparemment la peur de l'examen officiel les fait parler...)
Mes L2 ont plus ou moins bien réussi, mais pour la plupart étaient assez stressés et ont fait des erreurs d'inattention. C'est plutôt sympa d'avoir un groupe travailleur et méticuleux, mais le stress et la panique ne sont pas facile à gérer pour eux apparemment!
J'ai faire passer des examens de rattrapage à tous ceux qui n'avaient pas eu la moyenne, et ce jusqu'à ce qu'ils l'aient. J'avoue que c'est un peu aberrant de trouver ce genre de situation à l'université: les étudiants peuvent repasser les exams jusqu'à ce qu'ils l'obtiennent, même si ils n'ont jamais rendu aucun travail en cours, même s'ils n'ont pas eu la décence de venir se présenter le jour de l'examen...
Je parle souvent de cette situation avec la lectrice américaine, qui est tout aussi choquée que moi, puisque dans nos pays occidentaux, nos systèmes éducatifs n'assistent pas autant les étudiants, et les responsabilisent et les autonomisent bien plus.
J'ai même eu la situation d'une élève qui m'a écrit une lettre sur sa copie d'examen, comme quoi elle avait eu un accident à la tête et donc avait des problèmes de mémoire, et puis était tombée amoureuse d'un homme qui ne pouvait pas rester avec elle, et donc elle ne pouvait penser à autre chose que lui.
Mon tuteur et la secrétaire du département étaient assez scandalisés par cette lettre, puisque écrire directement à l'examinateur de l'examen est totalement interdit. J'ai tout de même décidé de ne pas aller voir la doyenne pour ne pas que cette fille ait de problème, et lui ai seulement parlé pour lui faire comprendre qu'elle ne pouvait pas faire ça. Mais après réflexion, j'ai réalisé qu'un tel évènement en France aurait eu des conséquences terribles pour l'étudiante. Il ne me serait jamais venu à l'idée en France, de communiquer sur ma copie avec l'examinateur. Mais ici, j'oublie parfois que je suis dans un système éducatif supérieur, tellement il perd sa crédibilité et son prestige en promotant les diplômes et non les réelles connaissances.

dimanche 1 janvier 2012

Nouvelle année, nouvelle motivation

Nous voici en 2012! Bonne année!
Je suis donc rentrée en France pour une vingtaine de jours. Ca permet de recharger les batteries avant d'enchaîner à nouveau 5 mois non stop!
Et ça permet aussi de prendre un peu de recul dans notre expérience. Je suis plus posée, dans un environnement relax qui aide à considérer les choses plus subjectivement.
Pourtant, les fêtes de Noël, les retrouvailles avec la famille et les amis, ça ne laisse pas beaucoup de temps pour le travail!
Mais je dois tout de même réfléchir à mes pratiques, et à ma problématique de mémoire! Je voulais travailler sur l'engagement et l'implication des apprenants dans leur apprentissage, mais cette piste de recherche paraît trop large. J'essaie donc de me documenter sur la pédagogie de projet, qui me permettrait peut être de trouver des solutions à ce problème récurrent de passivité de mes apprenants. Mais j'avoue avoir bien du mal à trouver un projet qui pourrait convenir à mes situations de classes, et le matériel et l'aide disponibles dans mon stage..
Donc encore beaucoup de réflexion et d'arrachage de cheveux en perspective! =)
Mais ça a l'air de faire partie du quotidien d'un praticien réflexif! hehe