Me voici de retour en Lettonie! (enfin, ça fait déjà 2 semaines...) La session d'examens vient de se finir, et j'ai maintenant une semaine de pause pour préparer mon 2e semestre et accessoiremement m'atteler à ma problématique et au mémoire.
J'ai donc donné mes 9 examens, donc 2 oraux. J'avoue que ça a été un retour assez brutal à la réalité, surtout avec mes L3, qui n'ont clairement fait aucun effort, ne prenant pas la peine de répondre entièrement aux questions, ni à toutes les questions d'ailleurs... C'est d'autant plus frustrant que j'avais essayé de trouver des textes motivants et d'actualité.
Les oraux de mes L1 m'ont au contraire agréablement surprise. Eux qui ne veulent pas piper mot en cours de communication, ce sont plutôt bien débrouillés à l'examen (je devrais peut être être plus sévère en cours, puisque apparemment la peur de l'examen officiel les fait parler...)
Mes L2 ont plus ou moins bien réussi, mais pour la plupart étaient assez stressés et ont fait des erreurs d'inattention. C'est plutôt sympa d'avoir un groupe travailleur et méticuleux, mais le stress et la panique ne sont pas facile à gérer pour eux apparemment!
J'ai dû faire passer des examens de rattrapage à tous ceux qui n'avaient pas eu la moyenne, et ce jusqu'à ce qu'ils l'aient. J'avoue que c'est un peu aberrant de trouver ce genre de situation à l'université: les étudiants peuvent repasser les exams jusqu'à ce qu'ils l'obtiennent, même si ils n'ont jamais rendu aucun travail en cours, même s'ils n'ont pas eu la décence de venir se présenter le jour de l'examen...
Je parle souvent de cette situation avec la lectrice américaine, qui est tout aussi choquée que moi, puisque dans nos pays occidentaux, nos systèmes éducatifs n'assistent pas autant les étudiants, et les responsabilisent et les autonomisent bien plus.
J'ai même eu la situation d'une élève qui m'a écrit une lettre sur sa copie d'examen, comme quoi elle avait eu un accident à la tête et donc avait des problèmes de mémoire, et puis était tombée amoureuse d'un homme qui ne pouvait pas rester avec elle, et donc elle ne pouvait penser à autre chose que lui.
Mon tuteur et la secrétaire du département étaient assez scandalisés par cette lettre, puisque écrire directement à l'examinateur de l'examen est totalement interdit. J'ai tout de même décidé de ne pas aller voir la doyenne pour ne pas que cette fille ait de problème, et lui ai seulement parlé pour lui faire comprendre qu'elle ne pouvait pas faire ça. Mais après réflexion, j'ai réalisé qu'un tel évènement en France aurait eu des conséquences terribles pour l'étudiante. Il ne me serait jamais venu à l'idée en France, de communiquer sur ma copie avec l'examinateur. Mais ici, j'oublie parfois que je suis dans un système éducatif supérieur, tellement il perd sa crédibilité et son prestige en promotant les diplômes et non les réelles connaissances.
vendredi 27 janvier 2012
dimanche 1 janvier 2012
Nouvelle année, nouvelle motivation
Nous voici en 2012! Bonne année!
Je suis donc rentrée en France pour une vingtaine de jours. Ca permet de recharger les batteries avant d'enchaîner à nouveau 5 mois non stop!
Et ça permet aussi de prendre un peu de recul dans notre expérience. Je suis plus posée, dans un environnement relax qui aide à considérer les choses plus subjectivement.
Pourtant, les fêtes de Noël, les retrouvailles avec la famille et les amis, ça ne laisse pas beaucoup de temps pour le travail!
Mais je dois tout de même réfléchir à mes pratiques, et à ma problématique de mémoire! Je voulais travailler sur l'engagement et l'implication des apprenants dans leur apprentissage, mais cette piste de recherche paraît trop large. J'essaie donc de me documenter sur la pédagogie de projet, qui me permettrait peut être de trouver des solutions à ce problème récurrent de passivité de mes apprenants. Mais j'avoue avoir bien du mal à trouver un projet qui pourrait convenir à mes situations de classes, et le matériel et l'aide disponibles dans mon stage..
Donc encore beaucoup de réflexion et d'arrachage de cheveux en perspective! =)
Mais ça a l'air de faire partie du quotidien d'un praticien réflexif! hehe
Je suis donc rentrée en France pour une vingtaine de jours. Ca permet de recharger les batteries avant d'enchaîner à nouveau 5 mois non stop!
Et ça permet aussi de prendre un peu de recul dans notre expérience. Je suis plus posée, dans un environnement relax qui aide à considérer les choses plus subjectivement.
Pourtant, les fêtes de Noël, les retrouvailles avec la famille et les amis, ça ne laisse pas beaucoup de temps pour le travail!
Mais je dois tout de même réfléchir à mes pratiques, et à ma problématique de mémoire! Je voulais travailler sur l'engagement et l'implication des apprenants dans leur apprentissage, mais cette piste de recherche paraît trop large. J'essaie donc de me documenter sur la pédagogie de projet, qui me permettrait peut être de trouver des solutions à ce problème récurrent de passivité de mes apprenants. Mais j'avoue avoir bien du mal à trouver un projet qui pourrait convenir à mes situations de classes, et le matériel et l'aide disponibles dans mon stage..
Donc encore beaucoup de réflexion et d'arrachage de cheveux en perspective! =)
Mais ça a l'air de faire partie du quotidien d'un praticien réflexif! hehe
samedi 10 décembre 2011
En colère
Cela fait 2 jours que j'ai les nerfs à vif, que je n'en peux plus de mon stage ici Je suis révoltée, attristée, répugnée.
Déjà, j'ai eu une semaine plutôt chargée, avec une semaine de plus de 20 heures de cours (j'ai eu des cours de rattrapage en plus) et puis il faut ajouter à ça le travail de M2 qui arrive à la mauvaise période. Et les exams qui approchent et qu'il faut préparer.
J'ai voulu rencontrer mon tuteur pour lui parler de choses importantes, faire le point sur certains projets. Je ne le vois pratiquement jamais, on se croise 5 min par semaine. J'avoue que c'est frustrant. Nous sommes censés être des stagiaires. Nous sommes censés être aidés et encadrés. Mon tuteur a juste aucune idée de ce que je fais en cours. C'est bien, il me fait confiance, me dit de faire comme je le sens. Mais je débute seulement dans ce métier, et d'un seul coup, me voilà responsable de pratiquement tous els cours de la licence. Je me sens bien délaissée...
Mais mon tuteur n'est pas arrivé en état pour répondre à mes questions et à mes problèmes. J'ai juste appris que j'aurais pu donner mes examens de fin de semestre lors de mon dernier cours. Je ne le savais pas, je les ai donc planifiés pendant la session d'examens. Mais j'ai donc appris hier que cette session est généralement consacrée aux oraux, puisqu'il faut rendre les notes le soir-même de l'examen. C'est donc avec grand plaisir (grosse ironie) que j'ai appris que je devrais corriger toutes mes copies (9 examens de 15 copies chacun) le jour même des exams. Je suis enchantée. C'est parfait. On avait juste oublier de me prévenir.
De plus, je viens de corriger les devoirs maison que j'avais donnés à mes L3: l'analyse d'un poème d'Eluard. 5 d'entre eux ont plagié des sites internet L'une d'entre eux a carrément copié/collé le commentaire du site, sans rien changer, a imprimé et a rajouté son nom en haut de la copie. Je trouve cela aberrant que des étudiants fassent ça en troisième année d'université... J'en parlerai à la secrétaire de mon département avec qui je peux bien discuter, pour savoir ce que je peux faire, mais ça ne me surprendrait même pas si on me répondait que je ne dois rien faire. Je suis indignée par le système éducatif letton. Il faut tout faire pour que les étudiants "réussissent". Tout laisser passer. Tout le temps leur donner la moyenne, ou bien leur faire passer des tests jusqu'à ce qu'ils l'aient.
Ce soir, je suis juste révoltée. Où est donc l'éducation? la recherche des connaissances? où est passé le prestige de l'université?
Déjà, j'ai eu une semaine plutôt chargée, avec une semaine de plus de 20 heures de cours (j'ai eu des cours de rattrapage en plus) et puis il faut ajouter à ça le travail de M2 qui arrive à la mauvaise période. Et les exams qui approchent et qu'il faut préparer.
J'ai voulu rencontrer mon tuteur pour lui parler de choses importantes, faire le point sur certains projets. Je ne le vois pratiquement jamais, on se croise 5 min par semaine. J'avoue que c'est frustrant. Nous sommes censés être des stagiaires. Nous sommes censés être aidés et encadrés. Mon tuteur a juste aucune idée de ce que je fais en cours. C'est bien, il me fait confiance, me dit de faire comme je le sens. Mais je débute seulement dans ce métier, et d'un seul coup, me voilà responsable de pratiquement tous els cours de la licence. Je me sens bien délaissée...
Mais mon tuteur n'est pas arrivé en état pour répondre à mes questions et à mes problèmes. J'ai juste appris que j'aurais pu donner mes examens de fin de semestre lors de mon dernier cours. Je ne le savais pas, je les ai donc planifiés pendant la session d'examens. Mais j'ai donc appris hier que cette session est généralement consacrée aux oraux, puisqu'il faut rendre les notes le soir-même de l'examen. C'est donc avec grand plaisir (grosse ironie) que j'ai appris que je devrais corriger toutes mes copies (9 examens de 15 copies chacun) le jour même des exams. Je suis enchantée. C'est parfait. On avait juste oublier de me prévenir.
De plus, je viens de corriger les devoirs maison que j'avais donnés à mes L3: l'analyse d'un poème d'Eluard. 5 d'entre eux ont plagié des sites internet L'une d'entre eux a carrément copié/collé le commentaire du site, sans rien changer, a imprimé et a rajouté son nom en haut de la copie. Je trouve cela aberrant que des étudiants fassent ça en troisième année d'université... J'en parlerai à la secrétaire de mon département avec qui je peux bien discuter, pour savoir ce que je peux faire, mais ça ne me surprendrait même pas si on me répondait que je ne dois rien faire. Je suis indignée par le système éducatif letton. Il faut tout faire pour que les étudiants "réussissent". Tout laisser passer. Tout le temps leur donner la moyenne, ou bien leur faire passer des tests jusqu'à ce qu'ils l'aient.
Ce soir, je suis juste révoltée. Où est donc l'éducation? la recherche des connaissances? où est passé le prestige de l'université?
lundi 28 novembre 2011
Ayé les photos!!
Ca, c'est le nouveau bâtiment, dédié aux sciences. C'est aussi dans ses souterrains (oui vraiment!) que je joue au ping-pong!
Voici le théâtre/salle de concert/bibliothèque/salle de sport/office du tourisme/banque/librairie!

Et voici les photos de la Journée des langues, avec le quizz, et notre équipe de français!!


Et ce sont les photos de notre cours d'initiation au français aux lycéens de l'Académie de la jeunesse. Ils étaient donc très nombreux, mais je n'ai pu trouver que quelques volontaires pour mon activité... Mais au moins, ils sourient sur les photos, ils ont l'air de s'amuser! :)
mardi 22 novembre 2011
Debriefing
Les examens ont donc été corrigés et rendus. En même temps, j'ai distribué à mes apprenants une biographie langagière à remplir ainsi qu'un bilan de leur apprentissage et de leur examen. Le but de ce "questionnaire" était avant tout de leur faire prendre conscience de leur rôle d'apprenant et ce que cela implique. Les apprenants lettons sont enfermés dans un système où ils sont sur d'obtenir leur diplôme, même sans travailler leurs cours. Les enseignants doivent leur mettre la moyenne, point. Ainsi, la plupart d'entre eux viennent en cours, s'assoient, et attendent que les 1h30 s'écoulent.. Ils sont totalement passifs en cours, le professeur a l'image d'autorité, c'est lui qui dirige le cours, qui parle et présente ses connaissances. Mon bilan avait dont pour but de "casser" cette image du professeur, et de faire comprendre aux étudiants que ce sont eux les acteurs de leur apprentissage, qu'ils doivent être actifs et conscients dans ce processus. Le deuxième objectif de ce questionnaire était de créer une communication entre mes étudiants et moi, puisque je leur demandais également comment le professeur peut améliorer les cours et les examens. Etant étrangère au système letton, je ne peux pas demander à mes élèves de s'adapter sans le faire moi-même aussi. Bien sûr je ne vais pas changer du tout au tout sous prétexte que mes apprenants me le demande. Mais il est aussi important pour un enseignant de se remettre en question et de demander conseil aux premiers concernés.
De plus, j'essaie aussi d'autonomiser mes apprenants et de les entraîner à la prise de parole spontanée. Ainsi, si nous lisons un texte, je vais demander que l'un d'entre eux commence puis un autre enchaînera, etc etc. Les premières fois n'ont pas été faciles, et nous avons parfois dû attendre quelques longues minutes jusqu'à ce que quelqu'un se sente mal et commence à lire. Mais à présent, je leur demande juste de lire, et ils prennent davantage la parole spontanément.
Voici un petit résumé de mes dernières expériences avec mes apprenants:
L1 : nous arrivons enfin à la création d'une bonne atmosphère plus dynamique, plus ludique où les rires et les blagues sont au rendez-vous (je devrais créer un one woman show!). Surtout, nous sommes enfin parvenus à la création d'un groupe-classe incluant le professeur. Je ne suis plus extérieure à leur groupe, je fais partie à même titre qu'eux, dans cet apprentissage/aventure. Malheureusement, il me semble qu'une apprenante soit rejetée par le reste du groupe et soit sujette aux moqueries (je ne sais pas à quel point puisque cela se fait généralement en russe ou letton). Je ne sais pas trop quoi faire ni comment réagir à cela...
L2: c'est le groupe le plus travailleur, mais aussi le plus "rigide" dans son apprentissage. Le professeur est vu comme l'autorité de la classe, les activités ludiques sont mal acceptées, les cours surtout sont considérés comme des entraînements pour l'examen. Et surtout, la session d'examen a été un peu ressentie comme un échec pour tout le monde. Je m'attendais vraiment à un meilleur niveau, mais il est apparu que toutes les fois où je demandais si elles avaient bien compris le point étudié (c'est à dire toutes les cinq minutes environ!^^), et bien le "oui"répondu n'était pas très sincère.. Il n'y a donc pas de "vraie" communication dans ce groupe et c'est réellement dommage. J'ai donc essayé de leur expliquer tout ça, et j'espère que cela s'améliorera dans le futur.
L3: ils sont devenus beaucoup plus autonomes et viennent même en classe avec leur matériel maintenant! (ahh les petits plaisirs de la vie) Les résultats des examens ont été positifs pour tout le monde, cela leur a peut-être permis de prendre plus confiance en eux. Pourtant, ils doivent me rendre un DM d'analyse littéraire d'un poème jeudi, je leur demande deuis 3 semaines s'ils ont des questions ou besoin d'aide, et bien non, apparemment pas... J'appréhende un peu ces devoirs, puisqu'ils n'avaient jamais fait d'analyse littéraire avec introduction, développement et conclusion avant mon cours...
Il y a deux semaines, je leur ai demandé de faire l'analyse littéraire d'un texte en cours à l'aide d'un texte de Camus et de questions de compréhension. Au début, certaines ne voulaient pas, car avaient honte de leur travail (elles ont employé le mot "honteux" après l'avoir cherché dans le dictionnaire). Au final j'ai pu constaté un réel effort pour certains, une réelle analyse et rélfexion sur le texte.
On retrouve dans toutes ces expériences le thème de la passivité de l'apprenant. Les étudiants n'ont jamais vraiment dû analyser et réfléchir individuellement dans leurs études, ils ne sont que rarement "impliqués" dans leurs travaux.
Ainsi, l'un de mes objectifs de cette année est de pousser mes apprenants à avoir une réflexion sur leur travail et leur apprentissage. J'aimerais aider mes étudiants à devenir davantage "critiques".
De plus, j'essaie aussi d'autonomiser mes apprenants et de les entraîner à la prise de parole spontanée. Ainsi, si nous lisons un texte, je vais demander que l'un d'entre eux commence puis un autre enchaînera, etc etc. Les premières fois n'ont pas été faciles, et nous avons parfois dû attendre quelques longues minutes jusqu'à ce que quelqu'un se sente mal et commence à lire. Mais à présent, je leur demande juste de lire, et ils prennent davantage la parole spontanément.
Voici un petit résumé de mes dernières expériences avec mes apprenants:
L1 : nous arrivons enfin à la création d'une bonne atmosphère plus dynamique, plus ludique où les rires et les blagues sont au rendez-vous (je devrais créer un one woman show!). Surtout, nous sommes enfin parvenus à la création d'un groupe-classe incluant le professeur. Je ne suis plus extérieure à leur groupe, je fais partie à même titre qu'eux, dans cet apprentissage/aventure. Malheureusement, il me semble qu'une apprenante soit rejetée par le reste du groupe et soit sujette aux moqueries (je ne sais pas à quel point puisque cela se fait généralement en russe ou letton). Je ne sais pas trop quoi faire ni comment réagir à cela...
L2: c'est le groupe le plus travailleur, mais aussi le plus "rigide" dans son apprentissage. Le professeur est vu comme l'autorité de la classe, les activités ludiques sont mal acceptées, les cours surtout sont considérés comme des entraînements pour l'examen. Et surtout, la session d'examen a été un peu ressentie comme un échec pour tout le monde. Je m'attendais vraiment à un meilleur niveau, mais il est apparu que toutes les fois où je demandais si elles avaient bien compris le point étudié (c'est à dire toutes les cinq minutes environ!^^), et bien le "oui"répondu n'était pas très sincère.. Il n'y a donc pas de "vraie" communication dans ce groupe et c'est réellement dommage. J'ai donc essayé de leur expliquer tout ça, et j'espère que cela s'améliorera dans le futur.
L3: ils sont devenus beaucoup plus autonomes et viennent même en classe avec leur matériel maintenant! (ahh les petits plaisirs de la vie) Les résultats des examens ont été positifs pour tout le monde, cela leur a peut-être permis de prendre plus confiance en eux. Pourtant, ils doivent me rendre un DM d'analyse littéraire d'un poème jeudi, je leur demande deuis 3 semaines s'ils ont des questions ou besoin d'aide, et bien non, apparemment pas... J'appréhende un peu ces devoirs, puisqu'ils n'avaient jamais fait d'analyse littéraire avec introduction, développement et conclusion avant mon cours...
Il y a deux semaines, je leur ai demandé de faire l'analyse littéraire d'un texte en cours à l'aide d'un texte de Camus et de questions de compréhension. Au début, certaines ne voulaient pas, car avaient honte de leur travail (elles ont employé le mot "honteux" après l'avoir cherché dans le dictionnaire). Au final j'ai pu constaté un réel effort pour certains, une réelle analyse et rélfexion sur le texte.
On retrouve dans toutes ces expériences le thème de la passivité de l'apprenant. Les étudiants n'ont jamais vraiment dû analyser et réfléchir individuellement dans leurs études, ils ne sont que rarement "impliqués" dans leurs travaux.
Ainsi, l'un de mes objectifs de cette année est de pousser mes apprenants à avoir une réflexion sur leur travail et leur apprentissage. J'aimerais aider mes étudiants à devenir davantage "critiques".
lundi 14 novembre 2011
Journée des langues et anniversaire
Le 26 octobre dernier a eu lieu la Journée des Langues à l'Université de Daugavpils, ou la Valoda Diena. Un quizz géant a donc été organisé avec une équipe pour chaque langue enseignée à l'université. Les questions avaient pour thématique tout ce qui pouvait toucher aux langues en général et aux langues européennes plus particulièrement.
Nous avons donc monté une équipe pour le français, avec 2 étudiants de 1ere année, 2 étudiantes de 2e année et 2 étudiantes de 3e année. Eh bien sur 8 équipes, la française est tout de même arrivée en 2e position, médaillée d'argent! :D Je suis donc très fière de mes étudiants qui ont su répondre aux questions posées avec brio!
Nous avons aussi tenu un stand pour présenter la langue française et j'avais donc demandé à mes étudiants de préparer des petites activités à faire faire aux visiteurs. Ils se sont tous pliés au jeu, et nous avons donc passé un agréable moment à représenter la langue française!
Le 4 novembre dernier, ont été célébrés les 90 ans de l'Université de Daugavpils ( ce qui est très très vieux pour une université lettone), elle est en effet seulement 3 ans plus jeune que ce pays lui-même. A cette occasion a été organisée une cérémonie avec les personnalités importantes de Lettonie (chefs religieux, politiciens, ambassadeurs, directeurs et recteurs des autres universités lettones), bref, le gratin! J'ai donc eu la chance d'être invitée à cette cérémonie (j'ai par ailleurs personnellement rencontré l'Ambassadeur française avec qui j'ai pu avoir un entretien pour parler de mon expérience ici). J'avoue que cette cérémonie a été très très longue (4h30 à rester assis dans un théâtre à écouter des centaines d'invités prononcer des discours de félicitations dans une langue inconnue..) mais très intéressante.
Samedi midi, j'ai participé à un cours d'initiation à la langue et culture française organisé pour des lycéens de l'Académie de la jeunesse, une école particulière qui prépare les jeunes à leur entrée à l'université. Mon tuteur s'est donc occupé de toute la partie théorique du cours en letton, et j'ai donné la partie pratique (introduction aux bases conversationnelles du français). J'avais devant moi un groupe de 120 jeunes environ, mais je n'ai pourtant pu trouvé que 8 volontaires (les autres me disaient catégoriquement non) pour une activité... Bienvenue en Lettonie où le volontariat est une chose bien rare!^^
Mon appareil photo n'a malheureusement pas survécu à mon voyage en Lettonie.. Je ne peux pas vous poster de photos sur ce blog. Mais le Papa Noël devrait être généreux, et d'ici 2 mois, ce blog présentera quelques photos pour illustrer mes propos.
A bientôt!
Nous avons donc monté une équipe pour le français, avec 2 étudiants de 1ere année, 2 étudiantes de 2e année et 2 étudiantes de 3e année. Eh bien sur 8 équipes, la française est tout de même arrivée en 2e position, médaillée d'argent! :D Je suis donc très fière de mes étudiants qui ont su répondre aux questions posées avec brio!
Nous avons aussi tenu un stand pour présenter la langue française et j'avais donc demandé à mes étudiants de préparer des petites activités à faire faire aux visiteurs. Ils se sont tous pliés au jeu, et nous avons donc passé un agréable moment à représenter la langue française!
Le 4 novembre dernier, ont été célébrés les 90 ans de l'Université de Daugavpils ( ce qui est très très vieux pour une université lettone), elle est en effet seulement 3 ans plus jeune que ce pays lui-même. A cette occasion a été organisée une cérémonie avec les personnalités importantes de Lettonie (chefs religieux, politiciens, ambassadeurs, directeurs et recteurs des autres universités lettones), bref, le gratin! J'ai donc eu la chance d'être invitée à cette cérémonie (j'ai par ailleurs personnellement rencontré l'Ambassadeur française avec qui j'ai pu avoir un entretien pour parler de mon expérience ici). J'avoue que cette cérémonie a été très très longue (4h30 à rester assis dans un théâtre à écouter des centaines d'invités prononcer des discours de félicitations dans une langue inconnue..) mais très intéressante.
Samedi midi, j'ai participé à un cours d'initiation à la langue et culture française organisé pour des lycéens de l'Académie de la jeunesse, une école particulière qui prépare les jeunes à leur entrée à l'université. Mon tuteur s'est donc occupé de toute la partie théorique du cours en letton, et j'ai donné la partie pratique (introduction aux bases conversationnelles du français). J'avais devant moi un groupe de 120 jeunes environ, mais je n'ai pourtant pu trouvé que 8 volontaires (les autres me disaient catégoriquement non) pour une activité... Bienvenue en Lettonie où le volontariat est une chose bien rare!^^
Mon appareil photo n'a malheureusement pas survécu à mon voyage en Lettonie.. Je ne peux pas vous poster de photos sur ce blog. Mais le Papa Noël devrait être généreux, et d'ici 2 mois, ce blog présentera quelques photos pour illustrer mes propos.
A bientôt!
lundi 7 novembre 2011
Les premiers examens!
Voilà quelques semaines déjà que je ne vous avais pas écrit.. Il faut dire que ces dernières semaines ont été très chargées!
En effet, mon copain est venu passer une semaine ici la semaine dernière. Vous allez me dire "HMM c'est très personnel comme information ça!" C'est vrai, mais comme je l'ai dit précédemment, un prof est avant tout une personne, et notre bien-être personnel joue sur nos pratiques enseignantes.
Donc oui forcément cette petite visite m'a fait beaucoup de bien. Il est aussi intéressant de voir que mon copain, à qui j'avais pourtant décrit mon environnement, mes expériences ici, soit tout de même surpris par ce qu'il a vu. En effet, toutes les descriptions que l'on peut faire ne donnent que quelques indices seulement sur notre expérience ici, et il est bien difficile de réellement comprendre ce qu'il se passe dans les stages de mes collègues de classes et moi-même.
Dans ce blog, j'écris mes ressentis, donc les choses qui me marquent le plus, et laisse donc peut être de côté toutes ces petites choses, tous ces petits détails qui font pourtant partie du quotidien et qui forgent mon expérience ici.
Bref, revenons aux faits. Comme l'indique le titre de ce billet, nous sommes en pleine période d'examens! Enfin, seulement mes apprenants puisque j'ai décidé de mettre en place une session d'examens de mi-semestre, pour ne pas leur donner seulement une évaluation finale pour les partiels. Je pense plus juste d'évaluer tout au long du semestre, et aussi plus rassurant pour les apprenants, qui même s'ils sont dans un mauvais jour le jour de l'examen final, savent qu'ils sont aussi évalués sur le reste du semestre.
L'examen de grammaire des L1 a révelé ce à quoi je m'attendais un peu, mais pas à ce point-là! La majorité n'a clairement pas estimé important ni nécessaire de réviser pour l'examen. Certains n'ont même pas daigné essayer de produire des phrases entières.. J'avoue être frustrée, énervée, peinée, c'est aussi une grosse remise en question pour le professeur quand les étudiants ne sont pas motivés... J'en ai bien sûr parlé à mon tuteur, qui me conseille de ne pas le prendre personnellement. Pour lui, c'est même plutot normal de la part des étudiants. Apparemment la plupart aurait choisi le français aussi parce que l'université y proposait des places budgétaires, et donc les étudiants ne devaient rien payer. De plus, le redoublement n'existe pas vraiment dans le système universitaire letton, les professeurs font tout pour faire passer leurs étudiants. Ceux-ci sont donc presque assurés d'obtenir leur diplôme, même en travaillant le moins possible.. Forcément, pour quelqu'un d'extérieur à ce système cela peut paraître aberrant et très frustrant. Je confirme! :)
En revanche, je suis agréablement surprise par mes L3! Eux qui ont passé les deux derniers mois à se plaindre, à soupirer d'exaspération en cours, à me demander d'envoyer mes cours en email pour ne pas avoir à retravailler leur prise de note, eh bien, les résultats sont très positifs! Eux qui pensaient ne pas en être capables ont bien prouvé le contraire! C'est dans ces moments-là qu'il fait bon être prof, quand on regarde les copies de nos apprenants avec fierté, quand on sait que malgré les complaintes et les ressentis plutot pessimistes, l'apprentissage est bien là, le développement de savoirs, de savoir-faires, de méthodes apparait plus clairement. J'ai très hâte de faire la séance debriefing avec eux et de les féliciter!
L'examen des L2 a eu lieu aujourd'hui, je n'ai donc pas encore regardé ce qu'il en était, mais à la sortie de la salle, les étudiantes m'ont confié l'avoir trouvé assez difficile. Mais l'une d'elles m'a dit: "Ca parait difficile, mais peut-être que nous avons quand même réussi!" J'aime cet optimisme qui est souvent rare chez les apprenants. :) Il est bon de voir qu'ils prennent un peu plus confiance en eux!
En effet, mon copain est venu passer une semaine ici la semaine dernière. Vous allez me dire "HMM c'est très personnel comme information ça!" C'est vrai, mais comme je l'ai dit précédemment, un prof est avant tout une personne, et notre bien-être personnel joue sur nos pratiques enseignantes.
Donc oui forcément cette petite visite m'a fait beaucoup de bien. Il est aussi intéressant de voir que mon copain, à qui j'avais pourtant décrit mon environnement, mes expériences ici, soit tout de même surpris par ce qu'il a vu. En effet, toutes les descriptions que l'on peut faire ne donnent que quelques indices seulement sur notre expérience ici, et il est bien difficile de réellement comprendre ce qu'il se passe dans les stages de mes collègues de classes et moi-même.
Dans ce blog, j'écris mes ressentis, donc les choses qui me marquent le plus, et laisse donc peut être de côté toutes ces petites choses, tous ces petits détails qui font pourtant partie du quotidien et qui forgent mon expérience ici.
Bref, revenons aux faits. Comme l'indique le titre de ce billet, nous sommes en pleine période d'examens! Enfin, seulement mes apprenants puisque j'ai décidé de mettre en place une session d'examens de mi-semestre, pour ne pas leur donner seulement une évaluation finale pour les partiels. Je pense plus juste d'évaluer tout au long du semestre, et aussi plus rassurant pour les apprenants, qui même s'ils sont dans un mauvais jour le jour de l'examen final, savent qu'ils sont aussi évalués sur le reste du semestre.
L'examen de grammaire des L1 a révelé ce à quoi je m'attendais un peu, mais pas à ce point-là! La majorité n'a clairement pas estimé important ni nécessaire de réviser pour l'examen. Certains n'ont même pas daigné essayer de produire des phrases entières.. J'avoue être frustrée, énervée, peinée, c'est aussi une grosse remise en question pour le professeur quand les étudiants ne sont pas motivés... J'en ai bien sûr parlé à mon tuteur, qui me conseille de ne pas le prendre personnellement. Pour lui, c'est même plutot normal de la part des étudiants. Apparemment la plupart aurait choisi le français aussi parce que l'université y proposait des places budgétaires, et donc les étudiants ne devaient rien payer. De plus, le redoublement n'existe pas vraiment dans le système universitaire letton, les professeurs font tout pour faire passer leurs étudiants. Ceux-ci sont donc presque assurés d'obtenir leur diplôme, même en travaillant le moins possible.. Forcément, pour quelqu'un d'extérieur à ce système cela peut paraître aberrant et très frustrant. Je confirme! :)
En revanche, je suis agréablement surprise par mes L3! Eux qui ont passé les deux derniers mois à se plaindre, à soupirer d'exaspération en cours, à me demander d'envoyer mes cours en email pour ne pas avoir à retravailler leur prise de note, eh bien, les résultats sont très positifs! Eux qui pensaient ne pas en être capables ont bien prouvé le contraire! C'est dans ces moments-là qu'il fait bon être prof, quand on regarde les copies de nos apprenants avec fierté, quand on sait que malgré les complaintes et les ressentis plutot pessimistes, l'apprentissage est bien là, le développement de savoirs, de savoir-faires, de méthodes apparait plus clairement. J'ai très hâte de faire la séance debriefing avec eux et de les féliciter!
L'examen des L2 a eu lieu aujourd'hui, je n'ai donc pas encore regardé ce qu'il en était, mais à la sortie de la salle, les étudiantes m'ont confié l'avoir trouvé assez difficile. Mais l'une d'elles m'a dit: "Ca parait difficile, mais peut-être que nous avons quand même réussi!" J'aime cet optimisme qui est souvent rare chez les apprenants. :) Il est bon de voir qu'ils prennent un peu plus confiance en eux!
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